"C'est la fin de l'année, je me lâche"

Publié le par ketamine

Parce que GENRE tu te lâches pas le reste du temps ?

 

C'est LA phrase entendue toute la journée. On annonce de fortes perturbations du côté de la salle 666 demain et toute la semaine prochaine. 

 

Aujourd'hui, pétards dans la cour, carnets déchirés plein les couloirs, insultes, tutoiements des adultes ont été de rigueur. (Entre autres)

 

Et en classe, en ce moment, c'est soit le désert de Gobi (12 élèves max en 3e et 4e), soit l'anarchie la plus totale. Déjà ils ont rendu les manuels, ça les met plus vraiment dans l'ambiance. Ils viennent sans matériel, mais le cartable plein de bonbons, jeux, cartes et avec la ferme intention d'en faire le moins possible. Si on leur refuse une séance de Uno en essayant de leur refiler une feuille d'austro-hongrois, tapée avec amour la veille, c'est la révolution assurée. 


Moïse, 6e, à qui j'ai confisqué ses cartes pour la quatrième fois cette semaine, m'a affirmé, très sûr de lui, "ça sert à rien les règles du collège, moi je les respecte pas, moi j'ai grandi dans la rue, avec la loi de la rue". Mais oui, bien sûr. 

 

Jennifer, 6e, à qui j'ai soigneusement remis sa fiche navette hier est entrée dans ma classe, en plein cours avec l'autre 6e, accompagnée d'un surveillant. Visiblement gêné le gars. Excusez-moi madame mais Jennifer dit qu'elle n'a pas eu sa fiche hier, est ce que vous l'auriez s'il vous plait, je suis désolé de vous déranger.

J'en doute, mais je promets de chercher. Jennifer reste plantée devant la porte. Nan, cherchez la c'est important. Je fais mine de fouiller dans mes papiers, bah non désolée Jennifer mais je ne l'ai pas, je suis sûre de te l'avoir donnée. Si c'est pas le cas je chercherai mais après le cours.


- Nan, vous l'avez pas donné, franchement si vous l'avez pas, JE VOUS CASSE LA TETE.


PARDON ???


 

Voilà, on va dire que tu n'as pas réfléchi une seconde avant de dire ça, on va dire que tu as voulu faire ton intéressante, on va dire que je vais rester calme et que tu vas gentiment repartir avec le surveillant avant que MOI je te casse la tête. Merci. 

 

Je fais des progrès.


 

Jennifer et Jennifer, 6e, du haut de leur 12 ans, ont décidé pour la fin de l'année d'être dans la provocation la plus totale, ultra lookées et maquillées, tutoiement systématique, déhanché de Beyoncé, arrogance et manières de garces. Au début ça m'a fait rire, à elles deux elles sont la parfaite incarnation d'une Kévina d'Elie Sémoun... 

 

Mais aujourd'hui le troisième "vazy je parle pas à toi, han" a eu raison de mes nerfs. Dégagées les Jennifer. Suis pas votre pote. Enfin une d'abord, j'ai essayé de garder la deuxième, qui m'a dit plus tard "non mais d'tfaçon je fais ce que je veux, tavu" avec un petit mouvement de "Parle à ma main". Bon. Moi aussi en fait je fais ce que je veux tavu. J'ai perdu 10 minutes à essayer de négocier sa bonne conduite, ce qu'elle n'a pas accepté. Out. 

 

La 4e Shrek, une heure plus tard, dont le conseil de classe a eu lieu ce matin-même a décidé qu'ils ne feraient plus rien, parce qu'on "a pas été gentils avec eux au conseil"... En même temps, c'est pas comme si c'était légèrement mérité... Pauv tits choux.

Et leurs délégués ont été tellement nuls qu'ils ont pas ouvert la bouche du conseil pour donner leur avis ou défendre leurs camarades. Ca m'a légèrement saoulée, ça servait à quelque chose qu'on se fasse une heure de vie de classe pour préparer, tiens... Ils ont boudé mon cours pendantune heure dans un élan uni et solidaire, c'était beau à voir.

 

Enfin, à part que j'ai l'impression de devenir narcoleptique tellement je suis fatiguée, ça va. Demain des news de la mutation.


Et sinon, je vous tiens au courant si le collège prend feu ou explose d'ici la fin de l'année, t'inquiète. 

 

 

Publié dans école

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aspartam 16/06/2012 06:43

Je ne sais pas comment vous faites, laissez ses mômes et leur abrutis de parents dans leur daube.
ils auront des boulots de merde et trimerons toute leur vie, certain feront un peu de rap pour gagner leur vie, les autres sont déjà mort.

Néo-Titulator 15/06/2012 12:14

Ah tiens, j'ai l'impression que ta journée a été très similaire à la mienne ! Mutinerie d'une classe dont presque aucun élève n'avait amené ses affaires de travail parce qu'ils pensaient naïvement
qu'on allait regarder un film ; gamine-méga-chiante qui se met à interpeller et insulter les autres, avant de m'empêcher de parler à chacune de mes phrases en chantant "j'm'en fous, c'est la fin
d'l'année" ; et pour couronner le tout, les choupis qui ne viennent plus quand les emmerdeurs comptent s'incruster jusqu'au dernier jour...

Je sens que j'vais m'en faire un avant la fin !

Allez, courage, on touche au but !!! :D

Pimprenelle 15/06/2012 10:19

Il faut croire que le reste du temps, aussi surprenant que cela puisse paraître, ils se retenaient...

Je rejoins le commentaire de Laurent : où est la logique dans le fait de demander à des enfants de continuer à travailler quand, d'une part, ils n'ont plus que la moitié de leur matériel (bon, on
peut faire sans manuel, mais symboliquement parlant, je ne trouve pas ça terrible) et d'autre part, ils n'ont plus rien à attendre de l'année, le conseil de classe étant déjà passé ?

Ne pourrait-il pas être plus judicieux d'attendre les tout derniers jours de l'année scolaire, par exemple début juillet, pour ces conseils, quelle est la raison pour laquelle ils se tiennent si
tôt ?

Bon courage pour les trois dernières semaines, j'imagine, enfin j'espère, qu'avec une toute petite classe, il doit être possible de faire quelque chose...

Pourquoi pas un Uno en Autro-Hongrois (et zéro mot en français pendant tout l'heure... on peut rêver !) =)

Laurent 15/06/2012 08:58

En même temps, je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à faire cours : à partir du moment où ils ont rendu leurs manuels, c'est coloriage et uno. Et si ça ne plait pas à l'administration, elle
n'avait qu'à s'arranger pour qu'ils ne rendent pas si tôt leur matériel de travail ! Il faut être cohérent : on leur explique toute l'année qu'il faut venir en cours avec leurs affaires pour
travailler et on découvre qu'on peut les faire travailler sans à la fin de l'année ? Tes élèves ont raison : on se fout d'eux !