Je sais que vous ne m'attendiez plus.

Publié le par ketamine

Mais me revoilà. COUCOU. 

 

Bon. C'est pas que ça fait longtemps mais quand même... Ca va ? Vous avez été sages ? Passé de bonnes vacances ? 

 

Fini Jurassic Park.

En juin je voulais faire un bilan. Puis l'été est passé, et je n'ai plus eu envie d'en parler.

 

Alors on n'en parle plus.

 

Et puis c'est tout.

 

 

On commence autre chose, d'un peu..euh.. différent. Tout d'abord, une petite question, savez-vous  comment s'appelle la suite de Jurassic Park ?

 

 

"Le monde perdu". HAHAHA.

 


 

Parce que moi je ne fais pas les choses à moitié. De la banlieue craignos, je passe direct au département le moins peuplé de France, ou presque...

Bienvenue dans le monde magique de La cité perdue.

 

Faut quand même que je vous raconte la grosse blague du mois de juillet.

TZR, on me met en poste sur non pas un, non pas deux, mais TROIS établissements, situés à une trentaine de kilomètres les uns des autres...

 

Hahahaha !

 

Haha...

 

Ha...

 

Ah ? C'est pas une blague ? Sans dec' ?

 

Putain.

 

L'été a été long, très long, mouvementé :il y a eu moult courriers, coups de fils, rendez-vous au rectorat et cierges déposés à l'église..

Et puis, le 28 Aout, vaut mieux tard que jamais, on m'annonce finalement, qu'un stagiaire a délaissé un poste sur un seul établissement, en pleine ville de la Cité Perdue. Pas cool pour lui, le poste était "trop loin". Mais pour moi, OH YEAH BABY. Danse de la joie quand Madame Rectorat m'a appelée pour me le proposer.

 

J'ai emballé mon pc, mes manuels et mes cds dans des cartons des sacs Auchan, et tout emporté très très loin. Au delà des rivières et des montagnes, au delà des forêts et des lacs, des arc-en-ciel et des licornes, à des centaines de lieues au sud de ma chère Petite-Ville-de-Province. (Tiens d'ailleurs c'est quoi le pluriel de "arc-en-ciel" ?)

Et j'ai tout balancé dans un petit studio meublé. Juste à temps pour attaquer ma nouvelle vie. Un peu stressée, un peu angoissée, un peu triste de passer encore une année loin de Boyfriend.

 

Et là, waaaaaaa. Emerveillement...

 

Tout n'a été que joie et soulagement à mon arrivée dans ce collège.

 

Analysons : 

 

Le collège est à DIX minutes de chez moi.

 

(Oui ça compte. Après deux ans de 1h30 de RER matin et soir, CA COMPTE.)

 

J'ai ma salle, toute équipée, avec vidéoprojecteur, système de son, et DEUX lecteurs CD. (J'ai presque envie d'en envoyer un à Jurassic Park, où il y en a à peu près zéro, tant j'ai finalement pitié...)

Des tables et chaises impeccables, propres et neuves. Le collège entier est grand, propre, neuf. Même après 6h de cours dans la même salle cet après-midi, il n'y avait pas UN papier par terre...

 

Maman, où suis-je... J'ai peur. Ca peut pas être vrai, il va arriver un truc, genre un serpent géant va sortir d'une cave en plein cours. Ou alors on est dans une zone de séisme 12 sur l'échelle de Richter.

 

Et les collègues, l'ambiance...

 

Des gens m'ont accueillie chaleureusement, se sont montrés compatissant avec ma situation familiale compliquée et GENTILS, des gens un peu plus euh... hum... âgés, un peu plus expérimentés, rassurants et sympas. Ces gens qu'ils soient profs, agents, chefs, m'ont assurés de la bonne ambiance qui régnait, et du comportement normal des élèves... Et des collègues.... Ils ne m'ont pas encore envoyé de mail d'insulte. Comme je suis heureuse.

 

 

La salle des profs est immense, les PCs fonctionnent, les photocopieurs aussi..

(Ca compte, aussi, après deux ans blablablabla...)

 

 

Il y a moyen de travailler. Dingue.

 

Tant de luxe, c'est trop pour moi.. J'en ai pleuré le premier jour. Pour de vrai. J'ai eu les larmes aux yeux quand on m'a emmenée pour la première fois dans MA salle.

 

 

MA SALLE.

 

 

C'est inespéré. C'est trop d'émotion.

 

 

Les élèves ? Hein ? Qui ? Ah oui. Les élèves, c'est marrant.

 

Un collège socialement "mixte", le mélange est rigolo. On a une moitié de ruraux venant des bleds alentours et une moitié de citadins, wannabe Kévin, et Fausses Jennifer très maquillées. Deux mondes éloignés mais qui cohabitent plutôt bien. Bon, on n'a pas les mêmes problèmes ici aussi.La ville est tranquille et le département plutôt riche..

Mais ils sont drôles, très euh...nature-peinture, j'te dis tout ce qu'il me passe par la tête et te regarde comme une bête curieuse quand je te croise. Mouarf.

 

Le plus drôle sont les activités, sports et hobbies de ces jeunes-là. CA CHANGE. J'ai eu la bonne idée, comme premier exercice d'austro-hongrois de leur demander de me parler de leurs activités.... Je me suis bien marrée.

 

Une dizaine de filles fait du TWIRLING. C'est ça. Ou ça. VOUS VOYEZ LE GENRE. Attention, ne dites surtout pas majorette, ça les vexe à mort.


 - Ton loisir ?

 - Le Twirling

 - Ton livre préféré ?

 - "PASSION TWIRLING"

 

Et les gars... Outre la section sportive « Sport-de-ballon-bourrin-pas-très-fin » dont j'ai récupéré quelques énergumènes en quatrième, j'ai eu un très beau :

 

"I like la pêche au brochet."

 

 

 

CAN YOU CHEVAL ? NO, I LIKE LA PÊCHE AU BROCHET.

 

Grandiose.

 

Ca vaut douze can you cheval, au moins.

 

 

Et les films, ET LES FILMS, mon Dieu.


 - Quel est ton film préféré ?

 - LA SOUPE AUX CHOUX

 

 

OKAY... et toi, Le mur de l'Atlantique, non ?

 

 

C'est mal de se moquer. Vilaine Erzébeth.


 

 

Mais sinon, dans ce nouveau collège j'ai découvert LA CHOUPITUDE.

 

La choupitude c'est le gamin qui ne te connais pas qui te fais des grands sourires dans le couloir.

La choupitude c'est l'élève, que tu n'as encore jamais eue, qui vient te dire à la cantine qu'elle a oublié son workbook.

La choupitude c'est tous les bonjour et au revoir que tu entends quand tu entres ou sors du collège. De la classe. Du réfectoire.

La choupitude c'est les gamins qui viennent te parler à la fin de l'heure parce qu'ils ont été à la Capitale l'an dernier, et même qu'ils ont pris le train à Petite-Ville-de-Province et que leurs arrière-demi-soeur a vécu un an dans l'Empire Austro-hongrois.


La choupitude ça me manquait, vraiment. 

 

Et ce soir, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour mes anciens collègues, mes twitt-amis et mes vrais amis, qui sont toujours là-bas, dans les terres de la Capitale. Dans leurs galère. Je pense à eux, au courage qu'ils ont de rester, d'affronter chaque jour la violence, les incidents, la misère. Je leur souhaite à eux une bonne rentrée et une bonne année.

 

Moi ça va. 

Publié dans école

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Béatrice 26/10/2012 18:56

Hey ! Voilà des mois que j'ai conservé ton adresse dans mes favoris mais que je ne cliquais jamais dessus pensant que tu avais vraiment tout arrêté. Et là, je ne sais pas pourquoi, pouf je clique
et je vois un article datant du mois de septembre ! Génial ! Bon, j'espère que tu vas y revenir ! C'est super que tu sois enfin dans un collège normal avec des gamins normaux et des collègues
sympa. Tu verras, ça change tout !!! Bon, c'est pas toujours tout rose mais rien ne l'est jamais vraiment. Bonne année scolaire à toi !

LRDNV 16/09/2012 16:25

YEAH, quelle bonne nouvelle, ça fait plaisir de voir que tout va bien en cette nouvelle année ! A part que tu es loin de Boyfriend :'-(. Tu remontes le WE à la Capitale alors ?
Agréable hein des élèves choupis ! Bonne année scolaire en tout cas !

Henriette de Neo 12/09/2012 17:38

Oh, Ketamine, que je suis contente pour toi !!!! Bienvenue dans la vie normale d'un collège normal, ma belle ! Tu l'as bien mérité.

maxime 12/09/2012 15:36

Heureux de constater que cette rentrée se passe sous les meilleurs auspices. Bonne continuation, et à lire la suite des aventures.

Beatrix 12/09/2012 13:08

La choupitude... je ferai des km rien que pour ça...
Profite bien de ta salle, moi, je galère à mort avec des collègues qui veulent pas partager le matos :(